Baka World - The Sakuramori's Shrine

Illustrations, Musique, Poésie, Cinéma, Mangas, Catch et Vie....

10 août 2006

Eternel Amour

Il était une fois dans un royaume oublié très loin sur une planète perdue dans les tréfonds de la galaxie, une jeune fille qui vivait seule près d’une oasis au milieu d’un vaste désert. Elle y avait une très jolie maison, un chien, des poules, des chameaux et bien d’autres animaux encore. Cette jeune fille s’ennuyait toute seule dans ce coin de paradis loin de tout conflit humain. La végétation y était dense et il n’était pas rare que la jeune fille se promène en tenue d’Eve. D’ailleurs elle se baignait tout les jours dans l’eau bleu aussi claire que ses yeux. Et chaque jour se répétait ainsi bien monotone, et la fille rêvait de son prince charmant qui un jour viendrait sûrement la chercher. Malheureusement, plus les jours passaient et plus elle désespérait, la solitude l’envahissaient. Finalement elle était bien triste dans son oasis, elle aurait tant aimé partager ce lieu féerique. Mais qui pouvait venir se perdre dans ce désert au milieu de nul part. Qui plus est la jeune fille ne se rappelait pas de son enfance... ni parents, ni frères, ni soeurs et pourtant restait persuadé de ne pas être le seul être vivant de la galaxie. Elle avait lu des centaines de livres dont la maison était rempli et dont elle ne connaissait même pas l’origine. Elle vivait le présent, ne se préoccupait pas de son passé. Cependant cela ne l’empêchait pas d’être triste, encore plus triste à chaque nouveau jour et pour combler cette tristesse, elle écrivait beaucoup. Huit à dix pages par jour et tout ce qu’elle écrivait n’était pas imaginable au cours d’une vie. Un soir, que la jeune fille contemplait le ciel où la lune rayonnait et les étoiles dansaient, elle aimait observer le ciel et ses mystères, elle vit un objet volant traverser les cieux et s’écraser en tournoyant à quelques mètres de l’oasis. Elle accourut, c’était un appareil étrange. Elle n’en avait jamais vu auparavant. L’appareil était en feu et au milieu des flammes, gisait un homme ou plus précisément un jeune garçon blessé et inconscient. Elle se fraya un chemin à travers les flammes et réussît à le sortir, non sans mal, du cockpit. Elle le tira jusque chez elle où elle le soigna avec toute son attention et sa douceur. Le garçon ne se réveilla que le lendemain matin. A son réveil, quelle ne fut pas sa surprise, de voir une si ravissante jeune fille qui veillait sur lui. Difficilement, il se mit assis dans le lit. Puis il se présenta : « bonjour mademoiselle... je m’appelle Shinji Umabel, je vous remercie d’avoir pris soin de moi ». Elle lui sourit : « Enchantez Shinji... je suis Reï Omaël et tu es ici chez toi ». Elle était heureuse, enfin son souhait le plus cher se réalisait... Elle rencontrait un garçon, le prince qu’elle attendait. Il n’était pas comme elle l’imaginait, mais il avait le visage fin comme celui des anges qui sont décrits dans les livres et son regard exprimait tellement de tendresse que déjà elle en tombait amoureux.

Shinji lui demanda si elle savait sur quelle planète il se trouvait, mais Reï n’en savait rien. Comme elle ne savait rien de son âge ni même depuis combien de temps elle vivait sur cette planète. Reï ne cessait pas de sourire à Shinji tant elle était heureuse. Lui se disait que dans son malheur il n’avait pas tout perdu... « une jeune fille au milieu d’un désert... étrange ! » pensait-il. Enfin il se leva et Reï lui fit visiter la maison et tout ce qui l’entourait. Un Végétation dense et bien verte comme on n’en voyait plus depuis longtemps dans la galaxie déchirée par la guerre, une eau très pure et des animaux sauvages inoffensifs qui approchaient Reï sans aucune crainte. Tout était parfait, trop parfait, mais Shinji aimait déjà ce lieu. Devant l’oasis Reï se déshabilla sans aucune gêne et plongea dans l’eau invitant Shinji à la suivre. Mais Shinji, à l’inverse d’elle se sentait mal à l’aise et ne savait plus où regarder car inévitablement son regard se posait sur le corps pâle mais non dénué de charme de la jeune fille. Reï insistait et commençait à se vexer de l’incessant refus de Shinji rouge de timidité. Voyant cela, et ne voulant pas la froisser plus longtemps, Shinji se déshabilla aussi et la rejoignit, ce de la façon la plus pudique qu’il soit. Une fois dans l’eau, Reï lui fit vite oublier sa pudeur en l’éclaboussant. En effet il ne tarda pas à riposter, puis des éclats de rires se firent entendre à travers toute l’oasis. Enfin, ils sortirent de l’eau et s’allongèrent nus sur la berge. Tout deux fixaient le ciel, il n’y avait pas un nuage... seulement un magnifique bleu azur. Un vent chaud soufflait sur leur corps nus et seul le chant des oiseaux se faisaient entendre maintenant. Dans cet instant de tranquillité, aucun des deux n’osait regarder l’autre, cependant Shinji osa lui prendre la main. Reï sentait son cœur battre la chamade, il l’avait fait , il venait de lui prendre la main. Elle n’y croyait pas. Elle se tourna vers lui et s’approcha un peu plus près, beaucoup plus près jusqu'à ce que leur lèvres se frôlent, se touchent, et ce fut là leur premier baiser, leur premier acte d’amour l’un envers l’autre et il leur parut comme une éternité. Chacun savourait cet instant de bonheur. Puis Shinji commença à caresser le corps de Reï qui faisait de même avec lui. Un sentiment nouveau naissait dans leurs coeurs et ce qu’ils firent au bord de l’eau fut le plus bel acte de deux êtres qui découvrent l’amour. Le soir venu, les deux amants contemplaient le ciel étoilé et la lune se reflétait dans l’oasis devenue miroir. Reï avait la tête appuyé sur l’épaule de Shinji qui lui avait ses bras enlacés autour d’elle. Elle souriait saisissant cet instant de rare bonheur car elle avait peur qu’il ne dure pas éternellement. Ils restaient ainsi tout les deux sans rien dire, le silence étant la plus belle des paroles. Puis Reï prononça ces quelques mots « Je t’aime Shinji, tu es le premier que j’aime... je suis si heureuse ». Shinji resta silencieux quelques instants, il avait peur de ces mots là, mais il se lança : « Reï ! moi aussi je t’aime et ce depuis notre premier regard... ». Reï sourit à nouveau : « Merci Shinji...merci, c’est bientôt la fin... » et elle l’embrassa tendrement. Au cours de ce baiser, Reï s’effaça peu à peu et disparut. Shinji ne comprenait pas elle avait disparu sous ses yeux. Il se leva et se mit à courir partout en l’appelant, puis il se remit assis vers l’oasis complètement atterré... C’est alors que l’eau disparut , puis ce fut la végétation, les animaux... Tout s’effaçait autour de lui et finalement ce fut la maison de Reï. Il ne restait plus que du sable à perte de vue. Mais à l’emplacement de la maison, il y avait un vaisseau, il y entra et découvrit trois squelettes. L’un deux semblait être celui d’une jeune fille... Il fouilla dans les affaires qui étaient dans le vaisseau et y trouva une photo usée par le temps. Sur celle ci il y avait Reï sa bien aimée avec ses parents. Alors il sortit  du vaisseau et se dirigea vers la sien en courant il ne s’y était pas rendu depuis l’accident. En s’approchant, il sentit une odeur de chair en putréfaction. Il s’approcha encore et regarda dans le cockpit où il aperçut un corps, son corps rongé par la vermine. Alors il comprit que lui aussi était mort et tomba à genou. Shinji leva les yeux vers le ciel qu’il contempla une dernière fois et disparut lui aussi.

Il ne restait plus dans ce vaste désert qu’une vieille photo de famille où Shinji venait d’être adopté...Et quelque part dans l’espace, les deux amants s’étaient retrouvés à jamais réunis par leur amour.

Fin.


Vincent Valentine. 01/05/1999.

En relisant ce texte avant de le publier ici, je me suis dit qu'il avait bien mal vieillit... Vraiment, je pense qu'il est mauvais.

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25 juin 2006

Un matin comme d'autres

Reiji ouvrit les yeux, tout était calme autour de lui. Il tourna la tête vers la lumière verte que dégageait l'affichage digital de son radio-réveil. "Cinq heures trente" soupira-t-il. Il ferma à nouveau les yeux. Il avait encore besoin de sommeil. Chaque matin se répétait, pourquoi se réveillait-t-il toujours à cette heure-ci?

Reiji se rendormit paisiblement, il allait savourer les quelques heures qu'il lui restait avant d'être obligé de se lever et de reprendre son train de vie quotidien. Reiji s'ennuyait, quoiqu'il fasse, sa vie l'ennuyait. Il rêvait d'espace, d'évasion, de quitter cette routine installée depuis deux ans maintenant. Cela faisait déjà deux ans qu'il avait trouvé ce job miteux dans un vidéoclub de seconde zone, mais il pouvait pas faire le difficille. Il avait besoin d'argent, pour vivre, se nourir, passer le temps ou essayer de s'amuser. Il voulait économiser aussi; pour son rêve comme il disait, mais personne ne connaissait son rêve.

Reiji fut réveillé à neuf heures tapantes par le bruit de son radio-réveil. Ce n'était plus une sonnerie depuis qu'il lui avait pris l'envie une fois de démonter l'appareil puis de le remonter de ses habiles mains. Il avait tres certainement mal refait un branchement, mais le résultat était là; il y avait une sonorité bruyante qui le réveillait chaque matin.

Reiji se mis assis sur le bord du lit, pressa sur le bouton d'arrêt de la sonnerie de son radio-réveil puis se frotta le visage avec les deux mains. Il se leva, se dirigea vers la fenêtre et tira d'un coup sec sur la sangle pour ouvrir son volet. Le verdict du jour: "il faisait beau". Reiji esquissa un sourire sur son visage taciturne et aux traits tirés par la fatigue.

Comme chaque matin, il alla ensuite vers la salle de bain. Il se regarda dans le miroir suspendu au dessus du lavabo. "T'as vraiment une sale gueule en ce moment mon gars" prononça-t-il, et il se mit une claque sur le visage comme pour se donner de l'entrain. Reiji resta quelques instants immobile, perdu dans ses pensées quelques peu confuses, puis il enleva son caleçon et le jeta sur le panier de linge sale. Il se dirigea vers la douche, tira sur la porte coulissante en pvc, entra et repoussa la porte. Il tourna lentement le robinet et les premiers jets d'eau vinrent frapper son corps svelte et musclé. Reiji aimait la sensation de chaud et froid que lui prodiguait une douche le matin. Il aurait souhaité pouvoir purifier son âme de la même façon qu'il purifiait son corps. Le corps et l'âme sont deux parties bien distinct de l'être humain et son âme restait en permanence troublée et salie.

FIN.

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23 avril 2006

L’histoire de Mary et de l’enfant triste

Mary était une jeune fille de dix sept ans, aux cheveux mi longs et brun, aux yeux verts à l’éclat d’émeraudes et dont la joie était inébranlable. Elle vivait dans une petite ville de notre monde appelé « Nowhere » qui était un peu isolé de tout. Mary ne connaissait pas la tristesse, elle avait toujours été heureuse et avait toujours essayé d’aider les autres qui eux se sentaient triste. Mary côtoyait souvent la souffrance des autres, mais n’en était nullement affectée... Elle restait la joie incarnée de ce village. Elle était un symbole de l’espoir pour tout les habitants en détresse, une conseillère et même une amie. Mary vivait seule cependant. Elle n’avait pas de petit ami, n’en éprouvait pas le besoin. Elle se sentait bien ainsi dans sa maison en lisière de forêt. Et chaque jour se répétait, identique à quelques détails près... Une vie bien monotone qui ne l’empêchait pas d’être heureuse...certains habitants disaient d’elle que c’était un ange envoyé sur terre pour les guider, d’autres qu’elle était un fantôme dont l’âme ne pourrait reposer en paix tant qu’elle n’avait pas obtenue ce qu’elle désirait... Il y en avait même qui pensait qu’elle était une extraterrestre venue les étudier. Chacun s’imaginait son histoire sur la jeune fille au passé inconnu, car nul ne savait d’où elle venait. Mary était apparu un beau jour dans le village pour ne jamais en repartir. Les villageois l’avaient accepté pour les services qu’elle leur avait rendu et ils lui avaient permis de s’installer dans la maison où elle résidait et ce gratuitement. Cependant , un jour allait bouleverser la vie de Mary. En effet, un couple de villageois vînt la voir car leur enfant de onze ans pleurait tout le temps. Il paraissait toujours triste, comme si la vie n’offrait que souffrance. Mary en fut très surprise, car c’était la première fois qu’elle entendait parler de cet enfant triste dans le village... Oui personne ne lui en avait jamais parlé. Les parents de l’enfant expliquèrent qu’ils n’avaient jamais oser en parler auparavant avec elle parce qu’ils avaient peur. Les autres villageois avaient su garder le secret.

Mary suivit les parents de l’enfant à leur domicile. Là, elle y découvrit un petit garçon de onze ans en pleurs. Il lisait un livre et pleurait en même temps. Ce n’était pas le livre qui le faisait pleurer, ce dernier étant un livre d’histoire drôle. L’enfant était triste, chaque jour, chaque nuit sans autres explications que ses larmes. Mary ressentit en l’enfant un malaise, il n’y avait pas une seule joie en son cœur... Tout l’inverse du sien où elle rayonnait. « Cette enfant n’est pas ordinaire » pensa-t-elle ! elle n’avait jamais vu cela auparavant, il paraissait ressentir la douleur du monde, de la terre, de chacun de nous... L’enfant leva ses yeux en larmes sur Mary, des yeux d’un bleu intense comme Mary n’en avait jamais vu. Elle s’approcha de lui et lui sourit, il ne fit que continuer à pleurer.

- Pourquoi pleures-tu ? Ne sais tu pas ce qu’est la joie ?
- Si ! mais je ne la ressens pas... Je ne ressens que la tristesse. Toi tu n’es jamais triste ?
- Oui c’est vrai que je n’ai jamais ressenti la tristesse... Comme toi je la connais , ou plutôt à l’inverse de toi...
- Je suis triste tout le temps...
- Et moi je ne connais que la joie, chaque jour ! Comment est ce possible ?

Les larmes de l’enfant continuait de couler le long de ses joues alors que Mary arborait comme toujours un sourire radieux. Les deux extrêmes venaient de se rencontrer...Mais pourquoi ? Finalement, le destin était bien injuste pour l’enfant et pour elle ; l’un voué à souffrir et l’autre à être heureux. Une vie bien fade et sans surprise pour les deux, puisque dépourvu d’un sentiment. Mary réfléchissait : « Qui pourrait les aider ? ». Elle n’avait pas de réponses... et ce même après un journée passée avec l’enfant. Car jamais il ne sourit et jamais elle ne pleura. Chacune restant fermé aux sentiments exprimés par l’autre. Il y avait un manque dans leurs coeurs : la joie pour l’enfant et la tristesse pour Mary. Mary rentra chez elle, se posa  sur son lit et s’endormit sans s’en rendre compte... et dans ses songes, elle vit des escaliers, elle vit les ciel, les cieux... Le domaine de Dieu ; le Paradis. Elle s’éveilla à l’aube, aux premiers rayons du soleil qui perçaient aux travers des arbres. Mary se leva et fixa l’horizon, « Dieu ! » pensa-t-elle. Elle secoua la tête «  des escaliers pour le Paradis, je dois délirer... ». Elle tira les volets de sa chambre et se rendormit jusqu'à midi où la faim la tira du lit. Elle était heureuse comme à son habitude, et ce malgré l’enfant triste qu’elle aurait aimé pouvoir aider.

Mary ne savait vraiment pas quoi faire pour aider le jeune garçon. Il était son opposé et rien ne pourrait le réconforter... « Ah ! si seulement j’avais une petite idée » pensa-t-elle joyeusement. Mais rien ne venait à part son stupide rêve de la nuit dernière « les escaliers du Paradis » songea-t-elle. Un drôle d’idée qui la hantait depuis son réveil. Enfin, elle se décida tout de même à retourner voir l’enfant triste, qui pleurait encore et toujours. « si nous allions dans la forêt » proposa-t-elle. Le garçon hocha tristement la tête en guise de réponse. Elle le prit par le main et l’entraîna à l’extérieur de la maison. Il y avait un énorme contraste entre les deux : Mary qui semblait jouir pleinement de ce jour et l’enfant triste qui paraissait se lamenter. Mais aucun des deux n’exprimait les bons sentiments. Il faisait beau ce jour là, et les rayons du soleil perçaient au travers des branchages des grands arbres de la forêt. Cette dernière semblait prendre vie. Puis ils arrivèrent dans une grande clairière, qui paraissait familière à Mary. Elle y était venue il y a longtemps, mais elle n’en était pas sûre... Il y avait une étrange sensation dans l’air. Elle remarqua que le garçon avait cessé de pleurer, mais que sa joie habituelle semblait s’effacer pour laisser place à un grand vide.

- Où sommes nous ?
- je ne sais pas ou plus mon garçon... J’ai l’impression d’être...
- déjà venu ici... N’est-ce pas ?
- Oui !

Tout deux parlaient librement sans ressentir le moindre sentiment au fond de leur cœur. Ils exprimaient un souvenir qu’ils semblaient avoir en commun... Ce lieu dans la forêt qui effaçait leurs sentiments. Puis ils tournèrent la tête, tout deux dans la même direction. Il y avait devant eux des marches de pierre qui s’élevaient vers le ciel. « c’est comme dans mon rêve ! » s’exclama Mary. L’enfant la regarda, il ne savait pas quoi dire à cet instant là, mais il pensait que tout cela lui était familier. Il l’avait déjà vu il y a longtemps. Elle prit l’enfant triste par la main.

- Viens avec moi enfant triste !
- Où ?
- Aux escaliers du Paradis...
- Mais pourquoi irions nous ?
- Parce que Dieu a la réponse à nos questions !

L’enfant triste se tût et suivi Mary dans sa lente ascension des marches qui s’estompaient au fur et à mesure qu’ils se rapprochaient des cieux. Atteindre les cieux aurait dû leur prendre des jours, mais ils arrivèrent au Paradis en moins de cinq minutes ou c’est ce qui leur avait semblé. Le Paradis était bleu... Un bleu ciel pur tacheté de blanc à l’éclat de lumière. D’où ils étaient, ils apercevaient la terre, la planète bleue. Mary et l’enfant triste se perdaient dans une longue contemplation qui dans leur cœur éveillait d’anciens souvenirs. Ils étaient déjà venu au Paradis... Mais quand ? Comment ? Mais un ange les sortis de leurs pensées « On vous attendait ! » dit-il et pria les deux de le suivre. L’ange les guida au travers du Paradis, et plus ils avançaient, plus Mary et l’enfant triste paraissaient se dénuer de tout sentiment. Et chacun avait l’étrange sensation d’avoir vécu au Paradis. Enfin, ils arrivèrent devant une grande porte lumineuse ayant le même éclat que les soleil. Il émanait de cette porte une douce et bienveillante chaleur. L’ange les pria d’entrer « il vous attend » dit-il. Mary et l’enfant triste fixèrent l’ange un instant, puis Mary demanda : « Qui » et ce sans la moindre expression du visage. « Vous verrez ! » répondit l’ange en souriant. Mary pénétra la première dans la lumière, l’enfant triste la suivit. La porte passée, celle-ci disparue comme si elle n’avait jamais éxisté. Ils regardèrent autour d’eux ; ils connaissaient ce lieu... Comment, quand. Tout cela était bien étrange... Il y avait des arbres, des orangers plus précisément, un peu partout dans le grand jardin qui se dressait sous leurs yeux. Au centre il y avait un pommier. Puis devant eux, sous leur pied se dessina un chemin de brique argentée qu’une voix douce leur demanda de suivre. Ce qu’ils firent sans poser de questions. Le jardin était immense, il ressemblait à ce jardin que l’on trouvait dans les livres « Le jardin d’Eden » pensa Mary. Comment cela pouvait-il être possible, c’était encore un de ses stupides rêves et elle allait se réveiller ; du moins elle l’espérait. Enfin le chemin de brique disparut, où devait-il aller ? C’est alors qu’un homme apparut ( C’est ce qui sembla être à nos deux personnages). Ce dernier les pria de s’asseoir dans l’herbe qui recouvrait tout le jardin et puis il les fixa avec un petit instant avec un regard soucieux, puis amusé. Il fit apparaître entre ses mains un violon, ainsi que son archer et se mit à jouer sans que ni Mary, ni l’enfant triste ne sache pourquoi. Mais ce que jouait cette homme avec le plus beau des sourires ; c’était un hymne à la joie ! et l’enfant triste se mit à rire puis à applaudir. Il était heureux, il ressentait cette émotion qu’il ne connaissait pas la : joie. Mary, était restée stoïque, elle ne paraissait donner aucun intérêt à cette mélodie. Et l’homme s’arrêta de jouer. Il les fixa à nouveau, mais cette fois son regard passa d’amusé à soucieux et il se remit à jouer du violon. Mais cette fois la mélodie était triste comme une marche funèbre. L’enfant qui s’était tus laissa ses rires être balayés par les sanglots de Mary qui ressentait au fond de son cœur, et ce pour la première fois : la tristesse. Puis l’homme s’arrêta de jouer et le violon disparut. Mary et l’enfant triste sentait à nouveau en eux les sentiments d’autrefois. Ils sortaient de leur torpeur et Mary s’essuya une larme. « J’ai pleuré » pensa-t-elle. L’enfant triste ressentait comme de la chaleur dans son cœur « est-ce cela la joie ? » pensa-t-il en lui même. Pour répondre à leurs interrogations l’homme se mit à parler : «  Ah ! mes enfants, je suis si heureux de vous voir, oui je suis heureux car vous m’avez démontré que vivre avec un sentiment en moins, bon ou mauvais fait de la vie un lourd fardeau. Mais je voulais en être vraiment sûr ! ». Il y eut quelques secondes de silence.

- Pourquoi nous ? Demanda Mary
- Oui pourquoi ? Ajouta l’enfant triste
- Parce que vous êtes nés ici, au paradis dans ce jardin. Vous êtes ma création, la nouvelle humanité, cependant une nouvelle humanité qui sera semblable à l’ancienne car je ne peux aller à l’encontre des sentiments.
- Je ne comprends pas! rétorqua Mary
- Je vais vous expliquer mon enfant. Ici au Paradis, dès votre arrivée je vous ai privé de vos sentiments et malgré cela lorsque j’ai joué du violon vous avez tout deux réagis à l’inverse de vos sentiments. Ce que je veux dire c’est que même si je vous créais entièrement bon et bien au bout d’un certain temps vous apprendriez vous même à faire le mal volontairement ou involontairement. C’est pourquoi vous êtes la nouvelle humanité, même si cette dernière restera pareil !
- Alors vous allez tuer tout le monde ? demanda l’enfant triste.
- Non ! répondit l’homme
- Expliquez vous ! rétorqua Mary.
- L’humanité n’est plus depuis des siècles, elle s’est détruite alors je voulais la recréer mais en la faisant différente. Ce que vous avez vécu n’est qu’un simulation de vie sur terre, une illusion car vous êtes les derniers ou devrais-je dire premiers humains de cette terre !
- Pourquoi nous redonnez une chance ? se demanda Mary
- Parce que je suis responsable de ma création et que peut être l’avenir ne s’écrira pas de la même façon cette fois mes enfants !
- Merci, merci ! c’est ainsi que Mary en pleurant exprimait sa gratitude.


L’enfant triste n’avait pas tout compris, mais il avait retenu que l’humanité s’était entre-tuée  et qu’il fallait essayer de ne pas refaire la même chose. « Il est tant pour vous de partir mes enfants, mais surtout n’oublier pas de protéger la terre, de la préserver avec tout l’amour dont vous pouvez faire preuve ! » et l’homme disparut, le chemin de brique réapparut et ils arrivèrent devant la porte lumineuse. Là les attendait l’ange qui les guida jusqu’aux escaliers qui les ramèneraient sur terre. « Au revoir » leur dit-il et Mary avec l’enfant triste descendirent les marches. Lorsqu’ils arrivèrent sur terre, il n’y avait plus rien, plus de village, ni d’habitants. Ils allaient devoir apprendre à vivre tout les deux, à s’aimer lorsque le temps viendrait... Ils allaient reconstruire l’humanité sur une terre lavée de tout pêchés et prête à accueillir la nouvelle humanité. Mary prit l’enfant triste par la main et lui dit en souriant :

- Viens! il faut maintenant apprendre à vivre, notre avenir en dépend. Et surtout n’oublie pas l’homme que nous avons vu...
- Pourquoi...?
- C’était Dieu!
- Vraiment... Tu crois?


Epilogue


- Vous croyez que l’humanité ne commettra pas les mêmes erreurs ?
- Je ne sais pas Gabrielle! je ne sais pas !
- Alors pourquoi avoir fait ce choix ?
- Parce que j’étais responsable de ma création Gabrielle Et que je ne l’ai pas surveillée. Il nous appartient à partir de ce jour de veiller à ce que l’humanité ne fasse plus les mêmes erreurs...
- Et si c’était inévitable seigneur... ?
- Et bien alors c’est que l’homme ne souhaite plus exister Gabrielle... Si il se détruit par lui même, c’est qu’il souhaite disparaître et cela je n’y peux rien !
- Je vous aiderai seigneur
- Je le sais Gabrielle, merci! mais il ne faut pas tarder... Car c’est dès maintenant qu’il faut guider ces jeunes enfants.
- Oui j’y vais seigneur...

Et l’ange Gabrielle s’en alla sur terre pour veiller au devenir de ces deux enfants qui avaient la lourde tâche de reconstruire l’humanité. Dieu, depuis le Paradis se mit à contempler la terre avec compassion et murmura ces quelques mots : « Le cœur de l’homme est empli de ténèbres qui emprisonne une lumière et si l’homme ne s’avance pas vers cette lumière, alors il restera dans les ténèbres... Et tout comme Lucifel l'avait dejà compris, nous venons de le comprendre ma chère Gabrielle! ».

Fin


Par Vincent Valentine © 2002 - 2006

 


Cette histoire est née d'un petit dessin que j'avais fait représentant "Mary" et "Sadboy" (librement renommer enfant triste) où le "Sadboy" demandait a "Mary" où ils allaient et celle-ci de répondre: "To The stairway to heaven" référence au morceau culte de Led Zepplin. Si je retrouve l'illustration en question qui doit être enfoui quelque part je vous la présenterai. Dernière chose, j'ai quelque peu modifier la fin dans laquelle a l'origine "Gabrielle" restait asexué (soit Gabriel) et je ne faisait aucunement mention de "Lucifel", mais je voulais qu'il y ait un lien avec mon Univers.

Cette histoire? Que vous inspire-t-elle?

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07 avril 2006

Un Monde sans Espoir

I


A l’aube d’un nouveau millénaire, la terre fut ravagée par une guerre des plus terribles. Les trois quarts de la population mondiale périrent et toutes les nations s’écroulèrent, laissant place à un monde anarchique. Ce fut la loi du plus fort qui domina et les faibles furent massacrés ou asservis. L’espoir disparut du monde.

Quelque part, dans ce qui fut les Etats-Unis d’Amérique. Un jeune garçon de dix huit ans erre dans les rues de la ville dévastée où il habite. Ses parents sont décédés, assassinés par une bande de voyous. Il n’a plus rien, rien qui pourrait le rattacher à ce monde. Un flot de souvenirs le harcèle ; la cruauté de cette guerre qui a tout ravagé, sa survie miraculeuse, l’espoir qui renaissait, l’espoir d’un monde de paix, puis il comprit. Il comprit que le monde serait encore pire que ce qu’il était, et vint la mort de ses parents, la perte de ses repères. Pourquoi était-il encore en vie ?

En cette fin de journée, l’idée qui l’obsédait le plus était le suicide, son suicide car tôt ou tard il se ferait buter lui aussi pour une raison ou une autre. Ce monde n’avait plus rien à lui offrir, pourquoi rester si c’était pour souffrir ? Il y avait encore dans les restes de la ville de grandes tours, et instinctivement il se dirigeait vers l’une d’elle. Plus il s’en approchait et plus il se disait qu’il aurait dû le faire depuis longtemps. Pourquoi ne l’avait-il pas encore fait ? Peut-être l’amour, finalement, l’attente de l’amour. Malheureusement celui-ci devait être mort avec l’ancien monde et il se disait que c’était mieux ainsi. Une goutte de pluie lui frôla la joue, un symbole pour la tristesse qu’il ne savait plus exprimer. Le ciel était devenu sombre et nuageux ; il commençait à pleuvoir. "une soirée parfaite pour mourir !" pensa-t-il en levant les yeux vers le ciel. Il marcha encore cinq minutes, le ciel devenait de plus en plus sombre et derrière les nuages la lune faisait son apparition. Tout était silencieux, étrangement silencieux  pour cette ville déchirée par le crime. Enfin il arriva aux pieds des grandes tours et s’arrêta. Il les contempla longuement... Savait-il vraiment ce qu’il allait faire, en prenait-il conscience.... ? Il le croyait à cet instant là, mais cependant il hésitait encore à gravir les marches qui le guideraient vers les portes de la délivrance. Il fixa quelques instants le ciel ; un éclair zébra le ciel, et la pluie devint plus dense. De grosses gouttes d’eau ruisselaient sur son visage ; c’était toute la tristesse du monde qui s’abattait sur lui. Puis il se dirigea vers l’une des entrées et en poussa la porte. Tout était délabré, plus personne n’habitait ici depuis la grande guerre. Au loin se fit entendre un bruit de moteur et des crissements de pneus, c’était une voiture et apparemment elle se rapprochait. Machinalement, il se plaqua contre le mur. Quelques instants après la voiture passait l’éblouissant de ses phares, pour s’arrêter quelques mètres plus loin... Il sentait son cœur battre très fort dans sa poitrine et il ne bougeait plus : "que vais-je faire?" pensa-t-il. Les portières s’ouvrirent, puis vinrent les cris d’une jeune fille, apparemment accompagnée de trois hommes. "Lâchez-moi" hurlait-elle. Elle se prit deux claques et une de ses lèvres se mit à saigner.

"He ! ne l’abîme pas avant que l’on ait pu s’amuser avec!!" dit l’un d’eux. Le troisième se contentait de la tenir et de la peloter avec un regard aussi cruel que vicieux. La jeune fille avait les habits déchirés et ils lui avaient arraché son soutien-gorge.

- Eh Jack tiens la bien cette garce !
- T’en fais pas ! je crois qu’elle aime ça au fond !
- Lâchez-moi bande de connards ! ! ! !
- Oh ! mais c’est qu’elle serait agressive la petite pute !
- Eh ! soit poli avec la demoiselle Eks !
- Lâche-moi Rix ! bon on la baise ou on fait que la buter.... ?

Eks sortit un couteau et s’approcha d’elle avec un sourire sadique au coin du visage. Jack continuait de la caresser sur tout le corps et avait passé sa main dans sa culotte. La jeune fille pleurait, ils allaient la souiller. Elle savait qu’ils ne la tueraient pas... car ils recommenceraient et ce qui les amusait le plus, c’était de la voir souffrir ainsi, impuissante face à ce qui lui arrivait. Eks glissa le couteau le long de son visage qu’il entailla légèrement, puis laissa glisser la lame tout le long du corps frémissant de la jeune fille jusqu'à la culotte. Mais la jeune fille lui assena un coup de pied entre les deux jambes. Eks tomba à genoux "espèce de salope !!" hurla-t-il en se relevant. Rix rigolait :

- pauvre débile ! elle t’a bien eu !
- Toi ferme là... J’aime pas qu’une gonzesse me tienne tête !

Il lui arracha le peu de vêtement qu’il lui restait. Le jeune garçon tapis dans l’ombre ne pouvait rester ainsi sans rien faire. Même s’il avait décidé de mourir, il ne pouvait laisser cette fille se faire violer par ces trois types. Il sentait la rage monter en lui, une envie de se battre qu’il n’avait jamais connu auparavant. Eks s’apprêtait à retirer la culotte de la jeune fille. Il ne pouvait laisser faire ça. Il vit une barre de fer, il la saisit, sortit de l’ombre et se rua sur Eks qui sans réagir se fit fracasser le crâne. Rix qui était à quelques pas n’avait rien vu venir non plus et se prit un coup dans le ventre, tomba à genoux et reçu un autre coup qui le plaqua au sol. Jack, tout en poussant par terre la fille, hurla : "Enfoiré !!". Puis il dégaina son arme, tira une seule fois car le garçon était déjà sur lui, la barre de fer lui fracassant la mâchoire. Jack tomba à terre. Le garçon, la barre de fer en main, tomba à genoux tout haletant. Il l’avait sauvée, elle était saine et sauve. Puis il sentit une douleur dans l’épaule, il saignait. La balle l’avait touché, il ne le réalisait que maintenant. Enfin il sentit des bras autour de son cou, la chaleur d’un corps dans cette soirée glaciale. C’était la jeune fille qui se collait derrière lui en pleurs, se serrant contre son bienfaiteur, celui à qui elle devait encore sa pureté. Puis elle murmura quelques mots : "Es-tu un ange ou l’un de ces samouraïs des temps modernes qui errent en quête de justice ?". Et la nuit redevint silencieuse, la pluie se mélangeait avec le sang de ces trois corps inanimés... Enfin il lui répondit :


- Je ne suis ni l’un ni l’autre, je ne suis qu’un garçon qui s’apprêtait à mourir ce soir... Un garçon usé par le monde !
- Et comment t’appelles-tu noble garçon usé par le monde ?
- Ezekiel....
- Mon nom est Lilith bel ange...

Et ils restèrent ainsi sans bouger pendant quelques minutes.

- Lilith, nous devons partir ! on ne peut pas rester ici
- Oui ! tu as raison
- Tiens, prends mon blouson et couvre toi !
- Merci Ezekiel !

Ils se levèrent tout les deux, Ezekiel la prit par le main et se dirigea vers la voiture. "Disons qu’ils n’en auront plus besoin, allez monte !". Ils claquèrent les portières, il mit le contact et ils partirent. "Où allons-nous?" s’inquiéta Lilith. Ezekiel la regarda, il n’avait pas vu qu’elle était aussi belle... "Loin, très loin d’ici..."  répondit-il en souriant.


Cela faisait maintenant des heures que Ezekiel roulait. Lilith s’était endormie, épuisée par ce qui venait de lui arriver. Le soleil pointait à l’horizon, sa douce lumière frappait le visage fatigué d’Ezekiel. Ce dernier n’avait pas fermé l’œil de la nuit et avait dû lutter pour ne pas s’endormir au volant. Cette lumière était l’espoir d’un nouveau jour... "Pas mieux certes! mais pas pire" pensa-t-il. Toute la nuit, il s’était demandé ce qu’ils allaient faire... Lui, le paumé, héros d’un soir et cette fille, Lilith, pour qui il avait joué les héros. Lui qui ce soir là, avait décidé de mourir était plus vivant que jamais. La balle qui lui avait traversé l’épaule le lui rappelant par une douleur incessante. Ezekiel jeta un œil sur la jauge du réservoir d’essence ; il roulait déjà sur la réserve. Puis il regarda Lilith, elle était si belle dans son sommeil. Le soleil se reflétait dans ses beaux cheveux blonds et sur son visage pareil à celui d’un ange ; doux et fin... Le peu de vêtements qu’elle portait, couvrait à peine ses charmes de jeune fille "c’est une déesse" pensa Ezekiel. A cet instant, Lilith ouvrit les yeux "Eh! regarde la route au lieu de me mater" s’exclama-t-elle. Ezekiel tourna la tête "désolé" répondit-il, alors qu’il virait au rouge. Lilith restait maintenant sans bouger, ni prononcer un seul mot. Elle paraissait perdue et ses grands yeux bleus exprimaient une profonde tristesse. Un flot de sombres souvenirs émergeait du fond de son âme ; les ombres du passé resurgissaient en elle...des larmes se mirent à couler le long de ses joues.... Il y avait des hommes, tout est si sombre, ils ont des armes et tirent sur elle. Non !!! c’est sa famille, ses amis ; elle est si jeune... du sang, beaucoup de sang... des coups de feu encore et toujours, des gens morts, du sang, des cadavres "Maman ? Papa ? Où êtes-vous ?" elle pleure, elle n’est qu’une fillette avec du sang plein les mains, le sang de sa famille morte pour la protéger... "Non!!! lâchez-moi" hurle-t-elle. Mais ce n’est que Ezekiel qui la prend entre ses bras et les pleurs commencent à s’apaiser, la douleur des souvenirs s’estompe peu à peu. Mais elle est marquée à tout jamais par la cruauté de l’homme. Enfin elle recouvre ses esprits.

- Que faisons-nous arrêté ?
- Tu t’es mise à sangloter, alors je me suis arrêté pour essayer de te réconforter...
- Vraiment ?.... c’est dû à mon passé, parfois il resurgit brusquement mais je ne me rappelle presque jamais lorsque cela m’arrive...
- Tu as sûrement reçu un choc émotionnel étant petite....ne te rappelles-tu vraiment rien ?
- Non ! ! c’est à chaque fois pareil... Je sanglote, mais ensuite je ne me rappelle pas ce qui m’a mise dans cette état là !
- Ce n’est pas grave, ca va maintenant ?
- Oui !
- Alors reprenons la route ; il devrait y avoir une ville avant que le réservoir ne soit entièrement vide.

Ezekiel reprit la route, le paysage était si triste. Tout n’était plus qu’un vaste désert où la seule végétation était quelques cactus éparses. Il n’y avait plus de fleurs, ni d’arbres et encore moins d’animaux car l’homme avait tout détruit, tant physiquement que moralement. Ezekiel se plongea à son tour dans ses pensées : "La mort aurait été si simple, cette vie.... Quelle vie ? Ce n’est que de la souffrance et de l’amertume. Nous sommes misérables car la guerre, malgré tous ces morts n’a pas cessé dans les coeurs. Cela me dégoutte... Mes parents sont morts à cause de cela, j’étais tellement impuissant ! ! ! et l’amour, où est-il ? Que devient-il dans ce monde ? Lilith est très jolie, mais sera-t-elle cet amour qui me manque et qui me ferait continuer à vivre ? Non.... Elle ne peut pas ... une fois qu’elle sera en sécurité, je la laisserai et j’irai me suicider.... Je ne peux pas continuer à vivre, j’ai tellement de rancoeur, je hais ce monde... Je vous hais, humain...". Lilith restait sans rien dire. Etait-elle perdue dans ses pensées aussi ? Ezekiel se le demandait car cette fille cachait elle aussi un lourd passé. La voiture cala... Il n’y avait plus d’essence, la réserve n’avait pas suffit. Ils allaient devoir marcher jusqu'à la prochaine ville. Ezekiel fixa l’horizon, il lui semblait apercevoir des habitations mais ce n’était peut-être là qu’une illusion dû à son esprit. Il descendit de la voiture, mais Lilith ne bougea pas. Elle restait assise et immobile, on ne pouvait plus distinguer aucun sentiment sur son visage tant il paraissait sans vie.

- Lilith ! tu viens ?
- Non !
- Pourquoi ?
- Parce que nous ne trouverons pas l’espoir là-bas !
- Ici non plus d’ailleurs ! allez viens...

Elle regarda Ezekiel, ne le comprenait pas. Elle hésita, puis descendit enfin de la voiture. Elle fixa à son tour l’horizon et leva les yeux vers le ciel mais il n’y avait plus d’oiseaux comme autrefois. Enfin elle prit la main d’Ezekiel et le tira le long de la route. Elle paraissait, maintenant, bien décidée à y aller. Le garçon ne la comprenait pas non plus, mais cette petite aventure avec elle était loin d’être finie....Qu’allaient-ils faire maintenant ?


II


Ils marchèrent le long de la route, et en cette étrange matinée, le soleil leur réchauffait le cœur. Sa lumière était si chaude et si douce. Lilith n’avait pas lâché la main d’Ezekiel depuis le début de leur marche et très souvent venait se serrer contre lui. Ezekiel était guère habitué à cela, lui qui avait vécu dans la solitude pendant si longtemps. Il se sentait mal à l’aise, mais commençait à s’habituer à la chaleur du corps de Lilith auprès de lui. Il n’avait pas envie de la repousser, il se sentait comme attiré par cette bien mystérieuse jeune fille au cœur lourd. Parfois, leurs regards se croisaient et aussitôt se fuyaient... Pendant tout le chemin, aucun des deux ne prononça un seul mot. Ezekiel pensait à ce qu’ils allaient faire, à elle, à son devenir. Lilith, elle, paraissait heureuse. Ses yeux semblaient moins tristes et un joli sourire illuminait son doux visage. Lilith pensait aussi à la relation qu’elle pourrait avoir avec lui, l’ange sauveur Ezekiel. Derrière son regard froid et taciturne se cachait tant de bonté... Elle le ressentait au fond d’elle. Elle le regarda très souvent lors du trajet, bien plus souvent que ne s’en aperçut Ezekiel. Car elle contemplait son visage, si fin pour un homme et si pâle pour être de ce monde. Il n’y avait aucun reflet dans ses cheveux noirs comme les ténèbres... Même ses yeux si sombres paraissaient appartenir à un autre monde. Mais ce garçon lui plaisait, il était comme elle ; perdu !....Elle aurait aimé exprimer pendant ces quelques instants ce qu’elle ressentait, mais elle avait peur, peur qu’il ne la rejette. Elle avait peur de se retrouver seule sans aucun amour à partager. Ils marchèrent pendant au moins vingt minutes jusqu'à ce qu’ils aperçoivent réellement les façades de quelques immeubles. La joie pouvait se lire sur leurs visages, une joie bien éphémère car ils eurent tôt fait de se demander ce qui allait leur arriver dans cette ville en ruine. "une ville morte..." balbutia Ezekiel. "Oui comme tant d’autres !" lui rétorqua Lilith. Ezekiel était inquiet, il ne connaissait rien d’autre à part la ville où il avait grandi. Il ne connaissait rien au danger potentiel de cette ville là. Lilith se serra très fort contre lui puis le regarda "Que faisons nous maintenant ?". Ezekiel fixa son regard, à cet instant précis il aurait voulu l’embrasser. Pourquoi ? Il ne le savait pas lui même... Il ne comprenait pas trop ce qui lui arrivait. Mais il se contenta de lui sourire "puisque nous y sommes, allons-y !". Il avança d’un pas, mais Lilith le retint. Il la regarda à nouveau.

- Qu’y a-t-il ? Tu as peur ?
- Non... ! enfin je... je me demandais si tu ne voulais rien me dire de plus... Je sais c’est peut-être stupide... Mais....
- Mais quoi ??? lui dit-il froidement.

Il ne savait pas pourquoi il lui avait répondu ainsi et Lilith ne lui répondit pas. Ezekiel se sentait gêné. Il lui avait parlé un peu trop durement. Comment pourrait-il lui dire qu’il était désolé "Quel con !!!" pensa-t-il. Elle lui avait lâché la main, elle ne le retenait plus et restait sans bouger. Elle se mit à pleurer, Ezekiel s’approcha d’elle. Il voulait lui dire qu’il était désolé, mais Lilith s’enfuit en courant à travers la ville. "Lilith !!!!!!!!!" hurla-t-il, mais elle ne se retourna pas, ni ne revint. Ezekiel restait bêtement à fixer la direction vers laquelle, elle s’était enfuie. Son épaule lui faisait encore atrocement mal. Il tomba à genoux et frappa avec son poing le sol. Des larmes se mirent à couler le long de son visage. Cela faisait si longtemps qu’il n’avait pas pleuré, depuis la mort de ces parents car la tristesse était inutile. "Ou es-tu Lilith ? Reviens..." murmurait-il, mais personne et surtout pas elle ne pouvait l’entendre. Pendant ce temps là, Lilith, en pleurs, courait à en perdre haleine. "pourquoi ?" pensait-elle. Enfin elle s’arrêta, exténuée par cette course. Son cœur donnait l’impression qu’il allait exploser dans sa poitrine. "pourquoi ne s’intéresse-t-il pas à moi ?" se demandait-elle. Elle se laissa tomber à terre et sanglota de plus belle. Tout ce qu’elle désirait, c’était se faire aimer, mais personne depuis la mort de ses parents ne lui avait jamais donné de cet amour. Personne n’avait su ressentir tout ce qu’elle souhaitait... Et de triste souvenirs remontaient à la surface : "Papa ! maman !... pourquoi vous ne bougez plus ? papa ! maman ! répondez-moi...". Elle n’est encore qu’une petite fille, et ses parents sont morts. Elle hait les gens, les hommes qui font la guerre. Ses pleurs raisonnent dans la rue où elle s’est effondrée. Une rue sombre et blafarde où les rayons du soleil ne percent pas. Lilith commence à avoir froid, elle est si peu vêtue.

- Pourquoi Ezekiel ? pourquoi m’as tu sauvée si c’est pour m’abandonner ensuite ? Je te suis redevable ! Pourquoi ne m’as tu pas laissée crever !
- Parce que c’est ainsi que nous devions nous rencontrer déesse Lilith...

Elle regarda au dessus d’elle, ses yeux remplis de larmes. C’était Ezekiel, il lui tendait la main.

- Je suis désolé, je ne voulais pas te blesser...
- Laisse moi, pars ! va te suicider je ne veux plus te voir !
- Ne me dis pas cela, tu te fais autant de mal.
- Laisse moi je te dis, tu n’as fait que repousser l’échéance de ma mort, je te hais Ezekiel ! ! !

Ezekiel ne disait plus un mot, ce qu’elle lui disait lui faisait mal. Il ne pouvait contenir ses larmes. Il se rapprocha d’elle, s’agenouilla et lui passa une main dans les cheveux "Ne dis plus cela s’il te plaît'. Elle restait immobile, ne savait plus quoi dire, car elle aussi l’avait blessé. Puis elle vit le visage d’Ezekiel se rapprocher du sien, elle tremblait car elle avait peur de ce qu’elle attendait. Ses lèvres frôlèrent celles d’Ezekiel pour la première fois, puis d’autre baisers suivirent. Enfin, Ezekiel la serra très fort entre ses bras.

- Je ne sais pas pourquoi, mais j’en avais envie, c’est bien la première fois que je ressens cela...
- Merci Ezekiel, tu ne le savais peut-être pas, mais tu es vraiment un ange, le plus bel ange que j’ai jamais rencontré....

Il la serra encore contre lui, elle se serra aussi contre lui. Elle aurait voulu rester ainsi éternellement, mais ils devaient trouver où ils allaient vivre et surtout devoir survivre dans ce monde sans espoir.

Fin.


By Vincent Valentine. 2001

Posté par vincentvalentine à 03:28 - Baka Stories - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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